Installés depuis la fin du XIXe siècle dans le campanile de l’Hôtel de ville, les automates qui composent le Jacquemart ont beaucoup souffert de leur exposition en extérieur.

Campanile hôtel de ville montbard

Constituées principalement de bois et de tôle, matériaux sensibles aux variations d’humidité et de température, ces sculptures qui n’avaient pas été restaurées depuis 1984, méritaient un traitement particulier. Le campanile a également fait l’objet d’un nettoyage et des grilles ont été installées afin de protéger les sculptures des oiseaux.

La municipalité a confié à la société LP3 conservation de Semur-en-Auxois le soin d’établir un constat d’état général et de proposer un ensemble d’interventions pour permettre aux personnages de poursuivre leur œuvre de carillonneur.

Qu’est-ce que la restauration ?

Depuis le XIXe siècle, la déontologie liée au travail des restaurateurs a beaucoup évolué. A l’heure actuelle, les professionnels préconisent :

> LA LISIBILITÉ : la partie restaurée doit pouvoir se distinguer de la partie originale, par la variation du rendu ou du matériau,
> LA RÉVERSIBILITÉ : utilisation de techniques ou de matériaux qui pourront être éliminés dans le futur par une autre restauration. On a en effet souvent fait le constat de dégâts irré-versibles causés à des œuvres par des restaurations antérieures mal conduites,
> LE RESPECT DE LA CRÉATION ORIGINALE : il est interdit au restaurateur toute re-création d’un élément disparu sur lequel il ne dispose pas d’une documentation historique certaine, ceci pour éviter toute interprétation : « la restauration s’arrête là où commence l’hypothèse ».

L’enquête

La restauration peut prendre l’aspect d’une véritable enquête au cœur de la matière et nous en apprendre plus sur la vie d’un objet après sa création. Ainsi, des micro-prélèvements de peinture observés sous lunettes-loupes ont permis aux restaurateurs de détecter plusieurs « repeints » pour chaque sculpture du Jacquemart, dont l’un est dû au peintre montbardois Ernest Boguet en 1933.

Le Jacquemart a ainsi changé de couleur trois fois depuis sa création !

Ces étapes sont indispensables avant toute opération et vont conduire les choix futurs des restaurateurs.

Constat d’état et restauration

La restauration se rapproche également de la médecine. Un bilan de santé est effectué pour chacun des personnages avant de décider du remède à lui administrer.

Retrait des figurines

Les sculptures très encrassées étaient recouvertes d’une épaisse couche de fientes d’oiseaux. Un certain nombre de fissures, des manques de petits fragments de bois et un soulèvement de la polychromie (couleurs appliquées sur la structure) ont été constatés, ainsi qu’une forte oxydation du métal. Les tôles formant le corps de Jacques et Jacquette étaient par ailleurs déformées tandis qu’il manquait au Jacquot l’extrémité de ses pieds.

Il a fallu dégager les surépaisseurs de fientes d’oiseaux, appliquer des compresses imbibées d’eau déminéralisée et nettoyer chaque partie à l’aide de coton tige. Chaque partie des sculptures a ensuite été démontée et l’oxydation dégagée à la brosse rotative. La polychromie a été refixée à la spatule chauffante, et les fissures comblées par l’application d’un mastic. Les retouches ont été effectuées au pinceau.

Jacquot

Le problème du Jacquot

Le Jacquot trop abîmé ne pouvait pas être réintégré dans le campanile, sans risque de le voir se détériorer irrémédiablement. Il a donc été décidé de réaliser un moulage en résine et de placer le fac-similé en compagnie des adultes, tandis que l’original, a trouvé une place de choix dans le Salon d’Honneur de l’Hôtel de Ville, à proximité de ses parents !

 Travail de restauration

Suite à leur restauration, les 3 figurines ont été exposée dans le salon d'honneur de l'Hôtel de Ville afin de permettre aux Montbardois de les voir de près et de constater le travail effectué.

Jacquemart restauré 3 Jacquemart restauré 1 Jacquemart restauré 2

Après quoi, la petite famille a retrouvé sa place dans le campanile de la mairie.

Réinstallation du Jacquemart